Pétrel diablotin

Pterodroma hasitata - Black-capped Petrel

Systématique
  • Ordre
    :

    Procellariiformes

  • Famille
    :

    Procellariidés

  • Genre
    :

    Pterodroma

  • Espèce
    :

    hasitata

Descripteur

(Kuhl, 1820)

Biométrie
  • Taille
    : 40 cm
  • Envergure
    : 98 à 105 cm.
  • Poids
    : 329 à 591 g
Distribution

Distribution

Description identification

Chez les adultes de la race nominale, le front, les sourcils et la zone lorale sont blancs. Le sommet de la tête, le haut de la nuque et la large tache qui entoure l'œil sont gris noirâtre, ce qui donne à cet oiseau une apparence fortement encapuchonnée. L'arrière du cou est généralement blanc, formant un collier qui n'est pas toujours évident. Le manteau brun grisâtre s'obscurcit progressivement au fur et à mesure qu'on s'approche du croupion. Le bas du croupion et les sus-caudales blanches forment une culotte de cheval très contrastée. Les ailes sont uniformément brun foncé excepté une zone plus claire au niveau de la base antérieure et des grandes couvertures. Les couvertures sous-alaires sont majoritairement blanches mais elles ont un large bord de traîne au niveau du coude, celui-ci se poursuivant plus étroitement jusqu'aux épaules. La queue est brun noirâtre avec une base blanche presque entièrement dissimulée. Les parties inférieures sont blanches mais on peut apercevoir des taches gris-brun sur les côtés du cou formant un collier partiel.
Les iris sont brun noirâtre, le bec est noir, les pattes sont surtout couleur chair. Les sexes sont identiques, sauf que les mâles ont une base du bec plus trapue.
Le pétrel diablotin peut être confondu avec de nombreuses autres espèces marines du genre Petrodroma qui ont les même motifs sous les ailes et la même noirceur de capuchon. Il est cependant différencié de ces derniers, par la taille générale du corps, les motifs des parties supérieures et la largeur des bandes sombres sur le dessous des ailes.
Des recherches récentes ont permis de déterminer 2 formes différentes chez le pétrel diablotin : le diablotin à face noire et le diablotin à face blanche. Le premier se distingue du second par sa calotte noire plus développée et son absence de collier blanc

Indications subspécifiques espèce monotypique

Noms étrangers

  • Black-capped Petrel,
  • Petrel Antillano,
  • Diablotim / Freira das Antilhas,
  • Teufelssturmvogel,
  • karibi viharmadár,
  • Черношапочный тайфунник,
  • 黑顶圆尾鹱,
  • Zwartkapstormvogel,
  • Petrello capinero,
  • Västindisk petrell,
  • Vestindiapetrell,
  • petrel antylski,
  • tajfúnnik čiapočkatý,
  • buřňák černotemenný,
  • Cariberpetrel,
  • karibianviistäjä,
  • ,
  • ズグロシロハラミズナギドリ,

Voix chant et cris

Quand ils sont dans les colonies, ces pétrels sont susceptibles de faire entendre 3 types de chants différents : 1) un long, très étiré et rude croassement de corbeau qui se retranscrit de la façon suivante : "aaa-aw, eek". 2) un "ooooooow", toujours très étiré mais plus doux que le premier et se terminant par un "uk" accentué. 3) des séries de jappements de jeunes chiots sont également émis en pleine mer, en automne et en hiver, lorsqu'ils se chamaillent pour de la nourriture.
Le répertoire des pétrels diablotins est assez différent de celui des autres pétrels. La fréquence des syllabes et leur longueur se reconnaît de façon assez évidente.

Habitat

Le pétrel diablotin est un oiseau marin et largement pélagique, il ne s'approche que très rarement en colonies, excepté aux périodes de l'année où il niche. A Haïti, Il se reproduit principalement dans les zones montagneuses entre 1 500 et 2 000 m au-dessus du niveau de la mer. En République Dominicaine, à la période nuptiale, on peut l'apercevoir aux alentours de 2 300 mètres, parfois bien à l'intérieur des terres.
Il occupe les falaises abruptes qui sont recouvertes de végétation éparse et qui ont souvent un dénivelé supérieur à 500 mètres.

Comportement traits de caractère

Les pétrels diablotins se dispersent grandement dans les eaux tropicales et subtropicales de l'Atlantique et des Caraïbes, du nord-est du Brésil au nord-est des États-Unis. En passant par Trinidad. On les trouve plus régulièrement au large du nord de la Géorgie et du sud de la Caroline. A partir de la mi-été, mais également en hiver, ces oiseaux suivent les courants du Gulf Stream vers la Nouvelle-Angleterre (Maine, Maryland, Massachusetts, New Jersey, New York et Virginie). Ils poursuivent même jusqu'au Canada et la Nouvelle-Écosse. Occasionnellement, ils se dirigent vers le golfe du Mexique et jusqu'au Texas. Après les séquelles de fortes tempêtes , les pétrels rentrent à l'intérieur des terres à New York, en Ontario, Pennsylvanie, Virginie Occidentale, Kentucky, Ohio et à l'ouest de la Floride. Certains oiseaux vagabondent jusqu'en Espagne et plus particulièrement dans la baie de la Biscaye et aux Açores.

Alimentation mode et régime

Le régime alimentaire de cet oiseau marin est vraiment peu connu, mais son repas comprend vraisemblablement une grande majorité de calamars et de poissons. Il contient aussi des méduses qui sont attrapés à la surface ou à une faible profondeur. On suppose qu'il recherche sa nourriture et qu'il apprécie les proies qui vivent dans les sargasses. Une récente étude suggère cependant que ces espèces sont peut être capturées accidentellement.
Les pétrels diablotins pêchent en petites bandes de 5 à 20 individus, avec les puffins et les albatros en été, avec les goélands argentés et les mouettes tridactyles en hiver. Ils semblent attirés par les régions où les remontées des eaux produisent des mélanges de différents niveaux qui sont susceptibles de créer des zones riches en nutriments.

Reproduction nidification

La saison de nidification s'étend généralement sur une assez longue période. Les pétrels diablotins se reproduisent en effet du mois d'octobre au mois de juin. Parfois, ils arrivent sur les lieux de ponte à partir de la fin septembre. Les parades nuptiales principales ont lieu en octobre-novembre et l'exode qui précède toujours le dépôt des œufs intervient en décembre.
La période d'incubation est en janvier-février et l'éclosion des poussins se déroule à le fin du mois de février ou au début du mois de mars. Les jeunes quittent les lieux de naissance à partir de la mi-mai jusqu'à la fin juin.
Sur les sites de reproduction, ces pétrels ont une vie nocturne. Ils arrivent 40 minutes après le coucher su soleil et le paroxysme de leur activité se produit généralement entre 20 heures 30 et 22 heures pour cesser totalement au petit matin vers 2 heures 30.
Ces oiseaux se rassemblent en colonie lâches, leurs nids sont installés dans des tunnels en terre, dans des cavités creusées dans des talus rocheux ou dans des crevasses installées sur de profondes falaises forestières.
Le nid ne contient généralement qu'un seul œuf blanc qui est parfois déposé sur un lit d'épines sèches ou sur des feuilles de fougères. A leur naissance, les poussins sont recouverts d'un duvet gris cendré.

Distribution

Le pétrel diablotin vit dans la mer des Caraïbes et dans l'ouest de l'océan Atlantique. Il niche à Hispaniola , dans le sud-ouest et le sud-est d'Haïti ainsi que dans le sud-ouest de la République Dominicaine, depuis le massif de la Hotto jusqu'au massif de La Selle en direction de l'est jusqu'à la Sierra de Bahooruco.
Autrefois, il nichait également à la Martinique et il se reproduisait couramment à la Guadeloupe d'où il a actuellement disparu.

Menaces - protection

Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

D'après le Handbook des oiseaux du Monde, cette espèce est considérée comme EN DANGER. La population totale est estimée à un petit millier de couples. Récemment, Birdlife international à proposé le chiffre de 5 000 individus matures. La densité la plus importante se situe à Haïti, dans les massifs de Le Hotte et de La Selle où ils sont attirés par les incendies sur le sommet des falaises. En République Dominicaine, les pétrels sont plus dispersés. Les diablotins sont très rares à Cuba, quasiment disparus en Guadeloupe. En Martinique, ils ont été éradiqués par les séismes et les éruptions volcaniques.
Toutes les colonies sont situées à grande distance des implantations et des lotissements humains. L'existence de fils électriques et de lumières artificielles désorientent en effet les oiseaux, au point qu'ils les éblouissent, les désorientent et les poussent à se heurter violemment avec les obstacles les plus importants.
L'implantation de gisements de pétrole sur les côtes de la Caroline détruit de nombreux sites.

Références utilisées

Autres références utiles

Fiche créée le 26/08/2015 par Daniel Le-Dantec © 1996-2017 Oiseaux.net