Vautour oricou

Torgos tracheliotos - Lappet-faced Vulture

Systématique
  • Ordre
    :

    Accipitriformes

  • Famille
    :

    Accipitridés

  • Genre
    :

    Torgos

  • Espèce
    :

    tracheliotos

Descripteur

(Forster, JR, 1796)

Biométrie
  • Taille
    : 115 cm
  • Envergure
    : 280 à 290 cm.
  • Poids
    : 5400 à 9400 g
Longévité

30 ans

Distribution

Distribution

Description identification

Ce grand vautour au plumage noirâtre est reconnaissable immédiatement parce qu'il se perche avec la tête dressée et qu'il se tient sur le sol avec une allure altière et rectiligne. Les adultes sont identiques bien que la femelle soit légèrement plus grande de 2%. Les juvéniles sont nettement différenciables des adultes.
Chez les adultes, le plumage varie légèrement selon les sous-espèces. Les oiseaux d'Afrique ont un dessus noir avec de fines extrémités brunes alors que ceux de la péninsule arabique ont un dessus brun noirâtre terne avec des rémiges et des rectrices plus foncées. Les deux races ont des parties inférieures semblables. En effet, les plumes du dessous ont une teinte qui varie du blanc pur au chamois et au brun. Elles ont un aspect duveteux et, excepté sur les cuisses, elles sont recouvertes de longues plumes lancéolées noirâtres. En Afrique Australe, la tête nue affiche une couleur rouge terne avec une ligne violette au niveau de la mâchoire, une cire bleu pâle et un bec massif jaune. La couleur de la face peut varier à l'écarlate en cas d'excitation. Plus au nord, le bec est presque entièrement noirâtre. Dans le nord-est de l'Afrique, la tête est d'un rose plus terne et les excroissances charnues qui pendent au niveau du cou sont plus réduites. En Arabie, le rose est confiné à la nuque, la face est grisâtre et les caroncules sont peu importantes. Dans toutes les variations géographiques, le cou est encerclé d'une courte mais épaisse collerette, les cuisses sont recouvertes d'un duvet blanc uni. Les iris sont brun sombre, les pattes et les pieds bleu pâle à bleu-gris.
Chez les juvéniles, le plumage est entièrement brun avec des liserés roux. La collerette est plus longue. Dans le nord de l'Afrique, la tête nue est rose pâle alors qu'elle est blanc-gris avec une légère teinte rosâtre et un duvet chamois en Arabie. A la fin de la première année, le bec devient jaune et la peau nue faciale est capable de virer à l'écarlate en cas d'excitation. Les juvéniles commencent à muer au bout d'un an. Au bout de 6 ou 7 ans, ils finissent par acquérir le plumage brun noirâtre des adultes.

Indications subspécifiques 2 Sous-espèces

  • Torgos tracheliotos tracheliotos (widespread, also Arabian Peninsula)
  • Torgos tracheliotos negevensis (s Israel and Arabian Pen.)

Noms étrangers

  • Lappet-faced Vulture,
  • Buitre Orejudo,
  • Abutre-real,
  • Ohrengeier,
  • füles keselyű,
  • Африканский ушастый гриф,
  • 皱脸秃鹫,
  • Oorgier,
  • Avvoltoio orecchiuto,
  • Örongam,
  • Øregribb,
  • sęp uszaty,
  • sup ušatý,
  • sup královský,
  • Øregrib,
  • korvakorppikotka,
  • Swartaasvoël,
  • ミミヒダハゲワシ,

Voix chant et cris

Le vautour oricou est presque toujours silencieux. Toutefois, un oiseau qui est dominé par un autre lors de la curée à la carcasse peut parfois produire un sorte de cri aigu et babillard dont l'équivalent est un "shriek" ou un "yelp".

Habitat

Les vautours oricous fréquentent les savanes sèches, les broussailles épineuses, les plaines arides, les déserts où les arbres épars poussent dans le lit asséché des rivières. On les trouve également sur les versants ouverts des montagnes. Ces oiseaux montrent une nette préférence pour les contrées sauvages où les arbres sont clairsemés et où les herbes sont très basses ou absentes. Par contre, ils recherchent leur nourriture dans les zones où la couverture est plus épaisse et où les humains sont susceptibles d'apporter un peu de perturbation, c'est à dire le bord des routes. Leur habitat se situe du niveau de la mer jusqu'à 3000 mètres. Localement, ils sont présents jusqu'à 4500 m d'altitude.

Comportement traits de caractère

Vautour oricou
adulte

Les vautours oricous vivent la plupart du temps en solitaire. Les couples nichent seuls. Autour des carcasses, ils sont rarement plus nombreux que deux. Au maximum, il sont une dizaine lorsque la nourriture est abondante. Exceptionnellement, ils peuvent être de 25 à 50 lorsque la proie est particulièrement importante ou lorsqu'ils vont se baigner ou se désaltérer à un point d'eau. Les parades aériennes sont peu connues : quand ils veulent marquer leur territoire, les couples volent parfois à l'unisson.

Les vautours oricous sont surtout sédentaires mais les adultes sont parfois vagabonds. Au Tchad et en Afrique Occidentale, on assiste à des déplacements pendant la saison des pluies. Un peu partout les mouvements journaliers sont parfois considérables pour rechercher la nourriture. Ainsi en Israël, la distance entre les lieux de nourrissage et les lieux de nidification sont parfois de 150 kilomètres. Des erratiques parviennent jusqu'au Maroc, au sud de la Libye, en Jordanie et même jusqu'en Espagne.

Alimentation mode et régime

Les vautours oricous se nourrissent presque exclusivement de charognes, mais ils consomment également quelques oeufs d'autres espèces et quelques petits mammifères vivants. C'est l'un des seuls rapaces africains capable de déchirer la peau des grands mammifères et, comme il consacre tout son temps à chercher plutôt qu'à surveiller les autres nettoyeurs, il arrive souvent parmi les premiers à proximité des carcasses. En conséquence, c'est souvent à lui que revient la fonction de déchirer les épais tissus des cadavres. C'est pourtant rare qu'il se saisisse des bons morceaux de chair tendre. Bien qu'il soit dominant sur la plupart des autres vautours, il se tient généralement à la périphérie du groupe et il se concentre sur les parties restantes, morceaux de peau, tendons, tissus ou morceaux de viande grossière dont n'ont pas voulus les autres espèces. Les proies varient en taille, des antilopes aux éléphants pour les animaux de la savane, des moutons et des chèvres jusqu'aux chameaux en ce qui concerne le bétail. Un repas peut contenir près d'un kilogramme et et demi de viande.

Le vautour oricou consomme également des petits mammifères, des oiseaux et des reptiles qu'il trouve grâce à un vol lent et bas. Certains sont des animaux décédés de mort naturelle ou d'accidents de la circulation mais, selon des observateurs, d'autres sont des proies chapardées à des aigles ou des animaux tués par le vautour lui-même. En dernier recours, le vautour oricou est capable de chasser à l'affût à partir d'un perchoir d'où il se laisse tomber pour saisir la victime. Ce genre de chasse ne lui rapporte que des petites proies faibles ou malades tels que des flamants ou des pintades. Le vautour oricou recherche sa nourriture sur un territoire, il ne suit pas les hardes de mammifères qui se déplacent dans la savane.

Reproduction nidification

Les vautours oricous se reproduisent de novembre à juillet dans le nord de leur aire et pendant toute l'année dans différentes parties de l'Afrique Orientale. En Afrique Australe, ils déposent leurs œufs principalement de mai à janvier. Le nid est une vaste structure construite avec des morceaux de bois qui mesure de 120 à 220 cm de largeur et de 30 à 70 cm de profondeur. Le fond est garni avec des herbes puis plus tard avec du crin et des peaux. Il est situé entre 5 et 15 mètres au-dessus du sol au sommet d'un acacia ou d'un autre petit arbre. La ponte comprend 1 ou 2 œufs qui sont couvés de 54 à 56 jours. Les petits quittent le nid au bout de 125 à 135 jours mais leur période de dépendance vis à vis des parents dure environ 12 mois ou plus.

Distribution

Le vautour oricou est originaire du continent africain mais on le trouve également sur le continent asiatique, et plus particulièrement dans la péninsule arabique. En Afrique, son aire de distribution est très morcelée. Au nord, elle occcupe le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Tchad, le Soudan, le sud-est de l'Egypte, l'Ethiopie, la Somalie, le Kenya, la Tanzanie, l'Ouganda et l'extrême est du Zaïre. Au sud, elle s'étend du sud de l'Angola et de la Namibie jusqu'au Swaziland en passant par le Botswana, le Zimbabwe, le nord-est de l'Afrique du Sud, le Mozambique, le Malawi et la Zambie. En Asie, ce rapace est présent dans la partie centrale de l'Arabie Saoudite, au Yemen, dans le Sultanat d'Oman et aux Emirats Arabes Unis. On reconnaît officiellement 2 races : T.t. tracheliotus (Afrique) - T.t. negevensis (Arabie, Israël). Certains ornithologues ajoutent une 3ème sous-espèce : T.t. nubicus (Soudan, Egypte). Bien souvent, cette dernière est intégrée dans la race nominale, ses caractères distinctifs n'étant pas assez distincts pour en être séparée.

Menaces - protection

Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

Bien qu'il soit encore assez répandu, il a disparu de nombreuses parties de son aire de distribution. Dans d'autres parties comme au Sahel et en Afrique Australe, il continue de décliner. Ce rapace, pourtant utile pour son rôle de nettoyeur, continue à être tué et persécuté en raison de sa mauvaise réputation. Les effectifs sont de 8000 individus en Afrique et sans doute moins de 500 en Arabie. L'espèce est classée par l'IUCN et Birdlife comme "Vulnérable".

Références utilisées

Autres références utiles

Fiche créée le 12/02/2011 par Daniel Le-Dantec © 1996-2017 Oiseaux.net